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Centre de la forêt

 
Post new topic   Reply to topic    Samurai Fantasy Forum Index -> RP - Continent de l'Ouest -> Réseau Hé Liú -> Forêt Ao Mì
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Shala
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Classe: Majibushi
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PostPosted: 09/03/2007 15:47:01    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

Au centre de cette forêt, on trouve les plantes et les animaux les plus incroyables, mais aussi des monstres. c'est un lieu à la fois paisible et dangereux, que seuls les aventuriers les plus courageux osent arpenter. Nul ne sait si cette forêt cache des trésors, mais il est certain que la beauté de cette forêt n'a d'égale que les mystères qui l'entourent...
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Shingen
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PostPosted: 10/03/2007 06:10:21    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

C’était la nuit, Shingen marchait depuis un bon moment le long des cours d’eau, gardant a l’œil ouvert car cet endroit était réputé pour l’abondance de bandits qui traquent les proies facile, leur tendant des embuscades ou abordant les navires marchands. Il s’était déjà fait attaquer, mais il s’en était toujours bien tiré, avec une petite prime supplémentaire quand le bandit ne s’enfuyait pas et qu’il périssait sous la lame de Shingen, quand il sont mort, il n’y a rien là a les piller, ils avaient qu’a ne pas l’attaquer. Finalement, les bandits n’étaient jamais riche, quelques pièces juste pour dire, seul un d’entre eux avait de quoi d’intéressant, des provisions pour quelques jours qui passèrent assez rapidement.

Il s’installa pour la nuit, montant sa petite tante, tout juste assez grande pour le couvrir jusqu’au orteils. Rassemblant quelques roches, il fit un cercle de façon à contenir les braises, pas le moment de créer un feu de forêt, trop épuisé, il se laisserait brûler plutôt que de fuir les flammes par manque d’énergie… Bha peut-être que l’adrénaline serait suffisante, mais il n’avait pas envie d’essayer. Il ramassa un peu de bois pour faire un bon feu. Par manque de vaillantise, le bois amassé ne dégagea quelques flammes tenaces. Fort de son bûcher pour souris, Shingen sortit des restant du lapin qu’il avait pris ce midi et les fit réchauffer au bout de son wakisashi avec l’aide de sa fournaise. Lorsque la viande fut assez chaude, le vagabond se cala vers l’arrière appréciant la viande, un peu caoutchouteuse vu que c’était un reste mais tout de même de bon goût, et sa vie paisible, même s’il savait que bientôt, l’adrénaline serait son principal carburant, sachant que bientôt, il irait jouer les exterminateurs.

Le ronin aimait bien sa nouvelle vie empreinte de liberté. Il n’avait aucun ordre à suivre hormis les siens, n’avait besoin d’en donner à personne par la même occasion, vivant de voyage et d’aventure, rencontrant toujours de nouvelles personnes. Il était sur d’avoir déjoué le destin mais il ne savait pas quand ce dernier le rattraperais, si un jour il finirait subordonné d’un empereur qu’il ne respectait pas, membre d’une dictature, ou carrément soumis à cette dernière, mais il était prêt à se battre pour éviter ça. Son destin était devenu un mantra que son père lui avait incrusté dans la tête, il servirait l’empereur. Soit, il combattra donc ce même empereur, allant à l’opposé de la destiné que lui avait imposé son père. Il haïssait sa famille, il haïssait la doctrine des Asahi.

Il avait en fait longtemps pensé à faire une demande pour rejoindre l’armée Shuo, mais il était heureux sans aucun maître ni sans aucun supérieur quel qu’il soit. Il verrait l’impératrice et s’inclinerait devant elle par galanterie et non par devoir. Cependant, il espérait un jour traverser l’océan et aider a renverser cet empire malfamé. Il voyait son honneur sali d’un nom de famille réputé dans ce camp, il voulait se battre pour la regagner, détruire tout ce qui rendait ce nom respectable et détestable. Mais surtout, il voulait laver ce monde de cette tache. Il a suffisamment vécu sous cette doctrine, se battant pour un but qu’il n’approuvait pas. Suffisamment reçu de lavages de cerveau de la part de son père pour éprouver un profond dégoût face à cette nation qui ne pense qu’a dominer, agrandir son pouvoir.

Le pouvoir, ce désir immonde qui transforme tout être sain en autre chose que lui. Cette caractéristique de l’homme qui pousse à opprimer et à maltraiter. Ce besoin égoïste qui pue au nez de Shingen. C’est l’honneur et la gloire qui sont les véritables voies humaines. Avec l’honneur, le pouvoir prend un tout autre visage, changeant du masque noir au blanc, le pouvoir possédé par une personne honnête se transforme et devient un instrument pour le peuple et non contre ce dernier. Avec l’honneur viens la gloire, le véritable besoin humain. La gloire, la reconnaissance des autres envers notre honneur. Shingen ne connaît pas l’impératrice de l’empire Shuò, mais le peuple n’en dit que de bonnes choses. Personne ne se plaint de comment ils vivent, tout le monde est en paix et est prêt à se sacrifier pour cette nation saine, une nation honorable et glorieuse. Shingen ne connaissait pas l’impératrice, mais il l’inviterait bien pour boire un peu de sake autour d’un repas, payé par elle bien sur, la fortune du ronin ne suffirait même pas à acheter les baguettes qu’elle utilise pour manger…

Même honorable, même glorieux, Shingen refuserait de diriger un empire, il n’arrive déjà pas à diriger une unité, il n’imagine pas une nation. Le pouvoir, il le détestait. Diriger est aussi pénible pour lui que d’être dirigé, il se sent sale en donnant des ordres. Cependant, des dirigeants il en faut mais pas n’importe qui, quelqu’un de bien, qui a plus à cœur le bien-être de ses habitants que le bien-être de sa bourse ou la taille de son terrain de jeu.

Abandonné dans ses réflexions sur lui même et le monde, Shingen fini rapidement son repas. Rangeant wakisashi et éteignant le feu, il alla s’étendre – ou plutôt se coincer – sous la tente minuscule. Prenant son sac de voyage comme oreiller, il fini par s’endormir, rêvant probablement à la tête de sa sœur, oh et a son corps mais un peu plus loin et sans tête. Peut-être aussi qu’il faisait un cauchemar, voyant sa sœur – pire lui même – à la tête de l’empire Asahi, l’horreur. En tout cas ce qui est sur, c’est qu’une créature mythique de la taille que vous voulez serait passé et aurait arraché l’abris en entier qu’il ne se réveillerais pas pour autant, Morphée avait peut-être exagéré sur le sable de sommeil…

[hrp] Excusez les joke plates, mais j'étais fatigué alors XD [/hrp]
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Faye
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PostPosted: 11/03/2007 13:47:03    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

- Bah de toute façon le village Náo , ce ne sont qu'un ramassis de paumés .

Faye évita consciencieusement une énorme flaque d'eau boueuse qui devait s'être fait un lit depuis un bon moment déjà en sautant résolument par dessus . Elle avait bien trop peur d'abîmer ces nouveaux chaussons fraîchement acheter en chemin - du moins aussi fraîchement que pouvait l'être une marchandise proposée par un vendeur crasseux et itinérant .
Zhyáng laissa vagabonder ces yeux sur sa propre paire de chaussure , ancienne et rapiécée , qu'elle venait de poser malencontreusement au beau milieu du sujet de leur conversation , passionnante et pleine de philosophie et hocha doucement de la tête , comme à son habitude . Retirant délicatement ce qu'elle avait aux pieds pour les secoués posément , la muette posa son regard sur 'amie' .

Cette dernière venait d'éviter de peu un nid de poule et riait au éclat de cet exploit en pointant du doigt le piège qu'elle venait de détourner . Ces yeux vairons se détournèrent rapidement pour venir rencontrer ceux de sa compagne simultanément accompagné d'un rire moqueur .

- T'as vraiment jamais de chance toi, pouffa cette dernière en étouffant un rire sous une main menue , avant de repartir les deux bras tendus à l'aventure .

Zhyáng se contenta de l'observer avant de remettre ces boitillons à ces pieds et de prendre le pas de son ' amie ' . C'était à se demander laquelle des deux était la gamine .
Du haut de ces 27 ans , Faye en paraissait 16 en apparence et 10 en âge mental .
Sifflotant d'une manière enjouée et marchant à grande enjambées énergétiques , la jeune humaine suivait sa maîtresse à petits pas feutrés , invisible et silencieux . Du moins aussi silencieux que l'était sa voix , car elle était muette . Aussi discrète que son initiatrice était bruyante , aussi calme qu'elle était enjouée , aussi réservée qu'elle semblait extériorisée .

Faye s'adressa d'une voix enfantine à un écureuil qui venait de croiser leurs chemins et qui était posté sur son épaule .

- ... Car oui , tu vois , les Náossiens sont vraiment des tyrans ! Ils comprennent rien à la vie et se croient supérieur à tous ... J'aime pas ce peuple . Ce sont ... des Shùo .

L'air niaiseux que la femme avait tenu au début de son monologue avec l'animal se ponctua avec une lueur de détermination quasi imperceptible . A nouveau repartie dans un éclat de rire qui avait fait fuir l'animal , Faye continua sa route le sourire au lèvre . Il lui fallait trouver un moyen d'intervenir et de s'aventurer chez les Asahi ... Mais c'était trop fatiguant . Il lui fallait donc trouver une solution , rapide , efficace et pas trop contraignante .
L'humaine s'était stoppée en soupirant , plaçant ces mains croisées sur sa tête . C'est compliqué la vie ...

Zhyáng peinait à suivre les grands pas énergétiques de sa maîtresse avec leurs affaires à porter de surcroît . Néanmoins , elle le ferai , dusse-t-elle pratiquer cette activité toute sa vie . Car ce jour là , elle avait vu et entendu , car à cet instant elle avait promit .

- T'es vraiment lente ... J'aimerai bien trouver une charrette qui nous porte , marre de marché . C'est fatiguant .

Elle cala flegmatiquement la main contre sa bouche , empêchant de la sorte un bâillement explicite de s'étaler de toute sa splendeur . Il faisait nuit et il était temps à présent de se stopper .
Cela faisait plusieurs jours qu'elles avaient quitter provisoirement - au grand désespoir des villageois - le village Náo. Faye s'accroupissa résolument sur le sol , faisant clairement comprendre son j'en-ai-marre-de-marché-on-arrêtes et jeta un oeil désintéresser à Zhyáng qui s'activait efficacement à préparer leurs camp de fortune pour la nuit , déjà fatiguée rien qu’à l’observer.
Bien installé contre un arbre , ces yeux furent subitement attiré vers du mouvement à quelques distances de là. La suite fût une dure question de choix : abandonner la confortable position qu'elle venait d'adopter et allez voir de quoi il s'agissait ou rester à cet emplacement qu'elle avait eut tout le mal du monde à trouver ? - car oui , ce n'était pas facile de trouver la situation parfaite pour dormir .


La curiosité l'emporta . Dans un tintement d'épée , Záyung qui trônait à ces côtés ( fait qui provoquait polémique chez bon nombres de gens , car personne ne l'avait jamais vu s'en servir , à croire que le titre de Bushi chez la femme n’était juste que de la frime ) se déplaça en même temps que sa détentrice vers le lieu d'ou provenait la lueur arrachant par la même occasion un regard interrogateur de Zhyáng -fait assez rare vu la stoïcité de la personne .
S'avançant de quelques pas dans la tiédeur de la nuit , Faye s'empêcha de rire .
Un voyageur ?
Quoiqu'il en soit , celui-ci semblait empaqueter comme un saucisson bien frais . Et accessoirement crevé .
L'humaine souria . Avant de lancer derechef un petit caillou sur l'homme . Pas de réactions .
Surprise , cette dernière fronça les sourcils avant de s'emparer d'une seconde pierre légèrement plus grosse . Toujours rien . Peut être qu'un bombardement de pierres pourraient ... L'idée s'échappa aussi vite qu'elle était venue lorsque la femme croisa le regard de la petite fille qui venait de la rejoindre .
Haussant les épaules , Faye s'aventura d'un peu plus prés , s'installant prés du feu . Autant en profiter ...

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Shingen
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PostPosted: 13/03/2007 01:24:47    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

Shingen faisait un très étrange rêve, au moins c'était pas un cauchemar. Il se trouvait dans cette même forêt où il se trouve dans le monde physique. En fait, il se trouvait sous les racines d'un gros arbre qui lui servait d'abris, le serrant à la demande du ronin. Il venait tout juste de se réveiller et demanda à l'arbre de desserrer ses racines qu'il puisse se lever. Aussitôt dit aussitôt fait. Il reçu deux roches par la tête. Se demandant d'où elles venaient, il dégaina son épée puis remarqua qu'il l'avait oublié dans son arbre. Il s'y dirigea mais l'arbre avait disparu. Il se mit donc à demander aux autres arbres où il était mais, n'ayant pas d'identifiant, les autres ne savaient pas de quel arbre il parlait. Il se perdit alors dans les sentiers, essayant d'appeler son arbre pour récupérer son katana. Ne sachant plus où il était, il fini par s'asseoir. Il entendait deux personnes près de lui, ils semblaient assis par les bruits qu'ils faisaient, devant un feu, le son devenant de plus en plus fort jusqu'à ce…

…Qu'il se réveille. Il y avait vraiment deux personnes autour de son feu. Ils ne devaient pas être de mauvaise intention puisque si c'était le cas, il serait déjà mort, dans la position où il était, c'était plus qu'aisé de prendre une épée et de le transpercer à travers la mince toile de sa petite tente de fortune. Qu'est-ce qu'ils faisaient là alors? Profiter d'un si minable feu, ils devaient être désespéré, ou sacrément fainéant. Prenant son temps, de toute façon il avait pas le choix n'ayant pas de place pour aller rapidement, il se dégagea de l'abri et regarda les deux inconnues. Au bruit qu'il avait fait, c'était tout a fait normal qu'ils – enfin elles puisque c'était une femme à l'apparence jeune et une fillette – l'aient remarqué. Les deux intruses se tournèrent pour le regarder sortir. Le ronin, les observa un peu avec un air endormi, il regarda autour de la tente et vit deux roches pas trop loin. On pouvait voir par le fait qu'ils n'étaient pas incrustés à la végétation qu'ils avaient été ramassés pour être lancé. Bon, voilà qui répondait à la question sur le pourquoi il avait reçu des roches de nul part dans son rêve.

Marchant vers eux, il fini par s'asseoir en face. Il remarqua les yeux verrons de la plus vieille des deux, un combo de couleur peu commune, rouge rosé pour le gauche et jaune doré pour le droit. Fixant ces yeux étrangement magnifiques et fascinant, il fini par remarquer qu'il avait l'air étrange à fixer comme ça les yeux de la femme – quoi qu'avec des yeux comme ça, elle devait y être quelque peu habitué. Quittant sa "transe" il sourit aux demoiselles avant de se présenter.

- Bonjour à vous, je me nomme Tekada Shingen. Je suis un voyageur solitaire, un ronin pour être plus précis. Que me vaut l'honneur de vous avoir autour de mon… euh… j'aurais appelé ça un feu mais je trouve qu'il est un peu petit pour mériter ce nom, appelons le plutôt une flamme, faute de mieux.

Shingen remarqua que la petite n'avait pas su éviter un trou rempli d'eau boueuse, ses chaussures étant sales et arborait maintenant une couche brunâtre très peu désirable et probablement loin d'être confortable. Prenant en pitié la petite qui aurait de sacré ampoules aux pieds si elle ne les séchait pas rapidement, le ronin leur fit signe d'attendre une minute le temps d'aller chercher un peu plus de bois. Ayant une motivation supplémentaire à le faire, cette fois il ne s'arrêta pas à quelques branches mortes et ramena du bon bois qui brûlerais très bien et fortement, prenant beaucoup d'écorce aussi, un bon élément pour faire durer un feu et un bon matériel pour l'allumage. Il se replaça autour de cercle de pierre et y envoya les bûches en mettant les écorces en dessous. Le bois pris rapidement et ils avaient enfin un vrai feu beaucoup plus chaud que sa précédente flammèche. Shingen se dit qu'il devrait installer une trappe pour prendre un animal mais ne voulant pas leur fausser compagnie une autre fois le temps de chercher l'appât et de monter le piège, il préféra attendre. S'ils avaient faim, il lui restait quelque morceau de pain et peut-être un peu de lapin… Ça il n’était plus trop sur s’il en avait laissé ou si son estomac s’affairait à digérer le tout.

Replongeant son regard dans celui de l'humaine aux yeux disparates, il se perdit à nouveau dans la contemplation de ces derniers. Vraiment, la différence frappante entre les deux était toute une chose à voir, ce qu'il donnerait pour en avoir des pareils, ça doit mystifier un ennemi en plein combat ça. Tu t'attends à te battre contre quelqu'un de bien ordinaire et Paf!! Tu te trouves devant ce spectacle, deux yeux aussi différents qu’inhabituelle, tous deux de couleur étrange et superbe, tu en hésites un coup avant de frapper, avant de faire s'éteindre la lueur qu'il y a à l'intérieur de ces yeux. Personnellement, Shingen serait sacrément déçu de savoir qu'un voile puisse un jour s'étendre devant ces merveilles pour les cacher à tout jamais. C'est le genre de chose pour laquelle Shingen serait prêt à se battre. Ce n’est pas le pouvoir qu'il désire, simplement de faire perdurer les merveilles de ce monde, si rare sont-elles qu'elles ne méritent pas mieux que d'être protégés. Remarquant à nouveau qu'il devait avoir l'air con et déplacé à l'observer comme ça – surtout qu'il devait avoir une expression faciale étrange du genre à avoir envi de la dévorer… dans plus d'un sens du terme mais certainement pas au sens littéraire – Il se ressaisit, sourit et la regarda droit dans les yeux, c’est à dire, à la même place.

- Vous savez que vos yeux sont fascinent? Demanda-t-il d’un ton moqueur mais sincère, comme s’il trouvait la situation bien amusante sans pour autant dire n’importe quoi.

En fait, la demoiselle, bien qu’avec une apparence un peu enfantine, restait plutôt belle, très même. Son habillement était tout de même distingué et élégant, pas de quoi pour se battre énormément niveau armure, mais quelque chose qui paraissait bien. Les femmes-soldat devenaient de plus en plus fréquentes, en voilà justement une autre. L’arme de cette dame était assez impressionnante au niveau de la taille, même qu’il se demandait comment un corps si menue pourrait manier un tel fardeau. En tout cas, cette arme était nouvelle pour Shingen et avait elle aussi capté son attention, bien que les yeux de la bushi restaient imbattables pour ce qui est d’attirer le regard de l’ancien Asahi, c’était comme un aiment ultra-puissant qui semblait refuser de laisser les yeux de l’homme savourer autre chose que le rouge-rosé et le jaune-doré dont était coloré les iris de la femme.
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Faye
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PostPosted: 03/04/2007 14:52:49    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

- Et vous savez que vous avez l'air parfaitement idiot à me fixer comme ça ?

Faye s'approcha un peu plus prés du feu , partisante de capter la moindre parcelle de cette chaleur bienfaitrice. Ces yeux s'étaient plongé dans les flammes , qui mangeait lentement le bois .
Zhyáng tentait désespérément d'éviter de laisser tomber ces paupières qui s'alourdissaient en même temps que sa fatigue .

La Zhan Shi souria imperceptiblement en remontant ces genoux . Aprés tout , ce n'était qu'une petite fille dont l'avenir était compromis . Faye détourna les yeux qui parurent un instant s'envelopper d'un voile de souvenirs avant de redevenir aussi joyeux qu'à l'accoutumé . Elle laissa planer quelques instants de silence ou elle se balançait en souriant face au feu .

- Shingen ? Ca sonne bizarre ... Oui effectivement , c'est un honneur pour toi de m'avoir à ton .. feu . Oui feu .

La femme appuya ces dires d'un sourire aux dents parfaites, chose rare en ces temps diffiçile . Elle se releva et sortit une petite couverture grattante de son sac avant de la placé sur le dos de sa compagne qui venait de s'endormir en affichant une mine de bambin .
Un bref instant son visage s'emplit d'une expression grave en observant le sommeil paisible de Zhyáng . Faisant le tour de sa compagne en sautillant joyeusement et en évitant les bouts de bois éparpillés au sol en jouant , Faye s'installa aux côté du dénommé Shingen .

Elancé , mystérieux et ténébreux . Elle lui souria avant de prendre un bâton et de titiller le feu en riant de manière silencieuse . Une vraie gamine .

- Elle s'appelle Zhyáng et est muette .

Quelques instants silencieux passèrent entre les deux interlocuteurs uniquement ponctués du crépitement des flammes . Faye cessa instant son jeu pour plongé ces yeux dans ceux du compagnon de fortune .

- Je suis Faye .

Pas d'enchanté , pas de manière . Sans préambule et avec la plus grande simplicité du monde , la Zhan Shi - qui n'en était visiblement pas vraiment une - venait de dire son nom à l'inconnu .
Elle enleva ces petits chaussons et les plaça précautionneusement à ses côtés pour ensuite jouer avec un petit insecte du bout de son bâton .

Elle pensait . Elle réfléchissait à la meilleur solution possible . Elle avait entendu parler du prince des oni , actuellement - d'après ces informations - installé chez les Asahi .
Faye fronça un court instant les sourcils puis repris avec insouciance son amusement , comme si le monde n'avait pas d'importance , comme si l'homme situé à ces côtés n'existait pas .

Sans une once de honte , la Zhan Shi bailla ouvertement en se réinstallant aux côtés de Shingen . ces yeux étaient fatigués . Pas que ces yeux . Fatiguée de penser ? Faye tombait petit à petit dans les bras de Morphée , les sourcils légèrement froncés contre un inconnu dont elle ne connaisait que le nom , bien trop préoccupé à chercher ...

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Last edited by Faye on 04/04/2007 18:01:38; edited 1 time in total
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Shingen
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PostPosted: 07/04/2007 18:01:42    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

HRP : Dsl un peu court mais ma soeur se met de paire avec mon père pour me faire sortir de là...


- Et vous savez que vous avez l'air parfaitement idiot à me fixer comme ça ?

Shingen ne put réprimer un rire sonore à cette réponse. Vive d’esprit, c’était une très bonne chose. Il décida tout de même de faire son possible pour éviter de la fixer trop longtemps et de façon idiote et insistante. Même sans regarder ses yeux directement, il ne détacha pas les yeux de la guerrière. Visiblement, elle semblait apprécier le feu, s’en approchant même encore plus. Une chance qu’il était allé chercher du bois supplémentaire, elle aurait carrément eu besoin de se coucher sur le feu pour avoir de la chaleur s’il l’avait laissé comme avant. Pour le moment, elle semblait pensive, son attitude changeant constamment. Ne voulant pas la déranger, le ronin déplaça une bûche dans la fournaise pour libérer les flammes qui étaient prises en dessous, faisant monter les flammes un peu plus haut, précédé d’un centaine de tisons qui montèrent dans l’air avant de s’éteindre à seulement quelques mètre au dessus de la chaleur des flammes.

Ces quelques secondes de silence furent brisé par la demoiselle qui commenta son nom, disant que ça sonnait bizarre. D’un point c’était normal qu’elle trouve que son nom sonnait bizarre sur le fait qu’il venait de l’autre continent, les noms sont sensiblement différent. Visiblement, les bonnes manières pour elle, autant les chercher chez un Ichikitame(hrp : voir bestiaire). Elle alla même jusqu’à approuver que c’était un honneur pour lui qu’elle soit à son feu, une petite comique qui se fou de ce que pense les autres, enfin quelqu’un qui sait vivre. Shingen ne détestait pas cette attitude, même qu’il l’appréciait, seulement lui il avait les bonnes manières trop développés par sa famille pour parler légèrement à quelqu’un.

Se levant, la femme alla poser une couverture sur sa compagne de voyage. Shingen eut la nette impression d’avoir remarqué une expression grave au visage de la jeune femme, peut-être des problèmes? Mais bon, pour le moment, il ne lui en parlerait pas, ce n’était pas ses affaires. Elle revint près du feu mais à coté de lui cette fois. Sa façon de se déplacer à cet instant fit sourire Shingen qui avait l’impression d’être en présence d’une gamine. Décidément, cette femme semblait du genre à préférer s’amuser plus qu’autre chose, elle semblait aussi du genre à ne prendre presque rien au sérieux. Shingen l’imaginait bien s’amuser comme ça en plein milieu d’une invasion ou au centre d’un champ de bataille très animé. L’espace d’un instant, il pensa à la possibilité que la personnalité de la fillette avait été inter changé avec celle de la guerrière. Possible mais peu probable, enfin, lui il n’y croyais pas vraiment.

Arrivé près de lui, elle s’installa de façon à capter la chaleur du feu et aussi de jouer avec à l’aide d’un bâton, le même que Shingen avait utilisé tout à l’heure. Tant qu’elle ne l’étouffait pas elle pouvait bien s’amuser tant qu’elle voulait avec. Sans le regarder, elle entama les présentations, commençant par la jeune fille. Zhyáng, muette. Ça répondait à la question silencieuse du ronin quant à savoir le pourquoi de son constant silence. Peu après, elle tourna la tête pour le regarder dans les yeux – donnant ainsi une excuse à Shingen pour regarder les siens – et se présenta de manière simple et directe. Faye, et elle disait que son nom sonnait bizarre… Gardant ça pour lui, il se contenta de lui faire un signe de tête machinal comme un vague « enchanté », inutile vu la façon sans manières qu’elle s’était présenté mais l’ancien Asahi n’avait pas été élevé de façon à les oublier.

Elle retira lentement ses chaussons avant de jouer avec un insecte du bout de son bâton. Toujours à s’amuser, elle prenait vraiment la vie à la légère, Shingen aimerait pouvoir en faire autant – enfin, peut-être pas au point de sautiller comme sur des charbons ardent – et vivre plus tranquillement en lui, mais pour ça, faudrait que la guerre s’arrête et qu’il ait la tête de sa sœur comme ornement de foyer. Replongeant dans une attitude pensive, Shingen se surpris à être curieux de ce qui la tracassait, sans pour autant le laisser paraître. Aussi soudainement qu’elle était de venue pensive, elle revint joyeuse, dur à suivre cette fille. Elle bailla fortement et commença à canter vers lui, s’endormant finalement sur son épaule. Premièrement surpris, le ronin fini par trouver la situation plutôt drôle. Il la laissa dormir un peu puis, voyant qu’elle semblait partie pour quelques temps, il décida d’en profiter.

La couchant au sol doucement pour ne pas la réveiller, il alla chercher une couverture qu’il posa sur elle, comme elle avait fait pour Zhyàng. Il ramassa le nécessaire pour sa trappe. Il savait qu’il pourrait trouver un terrier de lièvre pas loin, l’endroit était assez représentatif de leur habitat naturel. Il ne lui fallu pas plus de deux minutes avant d’en trouver un pas loin. Cherchant une racine près du terrier, il put y attacher la première extrémité de la cordelette brune. De l’autre, il fit un nœud coulant qu’il laissa pendre verticalement près de l’entrée du terrier, la couleur de la corde utilisé son fondant bien dans le décor. Après s’être assuré que tout était bien placé, Shingen retourna au feu, il reviendrait voir dans une heure s’il avait prit quelque chose. En arrivant, il alla chercher un peu de pain dans son sac, n’en prenant un morceau en en gardant assez pour les deux autres si le lièvre tardait à sortir de son terrier. La trappe au collet ne doit par être fait avec un appât, l’animal doit sortir rapidement pour bien se prendre dedans, s’il y a de la nourriture, il s’avancera lentement en reniflant et n’aura donc pas la bonne vitesse pour se faire prendre. S’installant à côté de la jeune femme, Shingen commença à manger lentement son pain…


HRP :
Quote:
Il la laissa dormir un peu puis, voyant qu’elle semblait partie pour quelques temps, il décida d’en profiter.

La couchant au sol doucement pour ne pas la réveiller, il


J'ai eut un choc ....
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Faye
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PostPosted: 12/05/2007 18:04:55    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

La nuit s'était lentement écoulée , déversant à ses côtés autant de mystères que d'étoiles . L'humaine se frotta un oeil en faisant glisser la couverture sommairement installée sur sa personne. D'un coup vif , elle la retira et bondit sur ces deux pieds , les points en avant . L'homme nommé Shingen rencontrer dans le camp improvisé se tenait tranquillement à ses côtés , profitant de la nourriture à sa disposition .

Sans dire un mot , Faye s'approcha de Shingen et s'empara d'un morceau de pain qu'elle commença à mâcher avec application tout en marchant .

Le Conglomérat Makejidamashii . Le territoire des forces rebelles opposées à l'empire Asahi . Les Asahi s'était retirés de la guerre contre les Shuo à cause de ce conglomérat . Les rumeurs qui étaient véhiculées laissait sous entendre l'apparition soudaine de mystérieux bienfaiteurs qui soutenait la cause de cette assemblée .


La Zhan Shi butta contre un caillou qu'elle envoya valser plus loin à l'aide de son pied en souriant . Il rebondit dans un bruit mat .


Les quelques brides d'informations qu'elle avait put dénicher étaient sans fondement et de nature douteuse . Le fait de voir si peu de nouvelles concernant ces arrivant la laissait perpexle ; il était impératif de vérifier si ces rumeurs étaient véridiques .
Beaucoup pensé que cela ne tenait pas du ressort de la jeune humaine , frêle et enfantine qui s'étaient dés lors empressée de faire ces valises et de partir dans la discrétion la plus complète .
Faye sourit en léchant ces lèvres , avide de nourriture . Sa compagne s'était éveillée et se tenait tranquillement assise , sage et fragile .

Bien . Il était maintenant temps pour elles de reprendre la route vers le conglomérat , source de mystères et d'éventuel action . Un sourire naquit sur les lèvres de la femme lorsque cette pensée lui traversa l'esprit .
Elle était curieuse de savoir quel genre de rencontre elle allait faire. Un monde tellement différent et pourtant si semblable au sien .

Elle sautilla jusqu'a atteindre l'endroit ou se tenait posté les deux compagnons . En souriant , elle posa son baluchon sur l'épaule de son amie , ne manquant pas l'occasion pour lui prendre le bout de pain qu'elle tenait faiblement dans ces mains .
Dans un gloussement amusé , Faye s'éloigna avant de se rendre compte qu'elle avait oublié de remercié l'homme qui les avait ' hébergés ' pour la nuit . Elle revint en trottinant sur ces pas :


- Merci Shingen pour la nuit et la nourriture . Tu m'as bien amusée .

Joignant le geste à la parole , elle tourna autour de Shingen en faisant virevolter les pans salis de sa robe. Réaction qui la fit rire au éclat . Se stoppant , elle fixa l'homme de ces yeux vairons que les rayons du soleil rendait sous un jour différent :


- Nous nous reverrons peut être un jour , au revoir joli homme !

Ce faisant , elle sautilla jusqu'à atteindre Zhyáng , sans se retourner une seule fois , ne faisait que répercuter le rire qui la secouait en marchant .

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Shingen
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PostPosted: 16/05/2007 06:18:51    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

Il ne fallu pas beaucoup de temps à la dame Faye pour se réveiller, de manière plutôt brusque. Comme si elle venait de se faire piquer par quelque chose, elle retira d’un mouvement rapide la couverture et bondit sur ses pieds, en position de défense. Shingen sourit à ce réflexe guerrier qui donnait tout son sens à l’épée qu’elle possédait. Elle remarqua qu’il n’y avait aucun danger et s’approcha du ronin. Ce dernier eut à peine le temps de tendre un monceau de pain qu’elle le lui prit des mains pour le manger silencieusement en marchant encore un peu. Elle avait l’air pensive, le genre de pensées qu’il ne faut pas briser. Respectant cela, Shingen se concentra sur son pain. Il ne lui en restait pas beaucoup, il faudrait qu’il prévois aller s’en acheter, il savait qu’un village n’était pas trop loin. Comptant mentalement l’argent qu’il avait à sa disposition, il se dit qu’il en avait probablement assez, et pourquoi pas une petite bouteille de sake en passage, histoire de se détendre un peu. Si leur pain et leur sake n’était pas trop cher, il lui en resterait même encore un peu, mais il va falloir qu’il pense à marchander un peu. S’il attrapait un lièvre, il pourrait économiser un peu d’argent en l’échangeant pour le pain. Cette perspective était enviable mais le forcerait à jeûner pour le reste de la journée et son misérable bout de pain ne lui remplira pas très fortement l’estomac. Sentant ce dernier gargouiller, il pencha la tête en y mettant une main. Nha, il allait manger son lièvre, enfin, s’il en attrapait un…

Relevant la tête, il vit Zhyáng qui s’était réveillé. Il lui donna un morceau de pain qu’il avait justement gardé pour elle. La muette se mit à manger faiblement sous le regard de Shingen qui avait un peu pitié d’elle. Faye revint vers eux et posa un baluchon sur l’épaule de Zhyáng, lui volant son pain au passage alors que la fillette ne l’avait qu’à peine entamé. Alors que Faye commençait à s’en aller, Shingen jeta un regard furtif à son propre bout de pain. Il ne l’avait pas fini, il en restait tout de même un peu et bien que ce soit le dernier morceau, il le glissa dans le baluchon de Zhyáng, en espérant que cette fois, la muette aurait droit à sa part de pain. Eut-il simplement ramené sa main que la jeune femme s’arrêta brusquement et revint près de lui, le remerciant pour la nuit et le pain. Elle se mit ensuite à tourner autour du ronin comme pour s’amuser – en fait, pas simplement « comme » pour s’amuser, mais bien « pour » s’amuser. Elle riait aux éclats simplement à faire virevolter les pans de sa robe, chose qui faisait sourire le fils des Tekada. Elle finit par s’arrêter, encore et toujours de façon brusque, pour le regarder et affirmer qu’ils allaient peut-être se revoir, ajoutant le terme « joli homme » à son au revoir.

- Mais ce fut un plaisir, belle demoiselle, au plaisir de vous revoir, j’essaierai d’avoir plus qu’un restant de pain à vous offrire à ce moment.

Shingen se perdit dans le regard de la demoiselle, encore et toujours absorbé par la disparité de ses yeux si fascinent. Il ne perdit pas une fraction de seconde à regarder ailleurs et admira ces merveilles tout le temps qu’il put avant qu’elle ne se retourne pour repartir, la regardant jusqu’à ce qu’elle sorte de son champ de vision. Reportant son attention sur son feu, il joua un peu dedans pour l’attiser au moment où il entendit un claquement. Il aura du lièvre au dîner.


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- Une bouteille de sake je vous prie, bien chaude.

Shingen se trouvait assis à un comptoir d’une taverne dans petit village dont il ignorait le nom. Le village n’était pas grand mais renfermait beaucoup de richesses, surtout au niveau des récoltes de la terre. En fait, l’ancien bushi n’avais pas vu le moindre soldat, que des fermiers et quelques marchands. De toute façon, depuis que les Asahi avaient quitté l’endroit, les villages ne nécessitaient plus vraiment d’être protégé par une troupe de soldat. Le pays était en paix et les habitants vivaient dans une insouciance frappante, ce village en était la preuve vivante. D’un stratégique ce n’est pas un village vraiment important pour le pays. Petit, il ne devait pas compter beaucoup plus d’une centaine d’habitants, mais vu les champs énormes et sa proximité du réseau Hé Liú, il devait tout de même fournir beaucoup de nourriture à l’empire.

Recevant sa bouteille de sake avec un petit bol, il se versa une dose de la bière de riz chaude. Humant son parfum, il fini par boire d’un coup le contenu, laissant la chaleur se mettre de pair avec l’alcool pour embraser son œsophage. Délicieux, Shingen adorait le sake Shuò, il était plus fort et d’une qualité incomparable. Les Asahi offrent une variété de sake trop disparate, pas de réelle maîtrise, allant du trop fort au trop faible. Les Shuò pensent plus sur la qualité, et moins sur la quantité comme le font les Asahi dont le but est le profit et non la satisfaction du client.

Repensant à la journée d’hier, Shingen se remémora la jeune Faye. Plus il y pensait plus il avait envi de la revoir. Que ce soit pour se perdre à nouveau dans ses yeux ou simplement pour la regarder jouer comme une enfant, il allait décidément la revoir, enfin il l’espérait. Il n’en était pas amoureux, il ne croyait pas au coup de foudre et il ne savait pratiquement rien d’elle. Non, elle l’intéressait simplement de sa personne, une compagnie agréable mais sans plus, simplement assez agréable pour donner envi à Shingen de partager à nouveau son pain quotidien avec elle et la petite Zhyáng.

Ses yeux… On s’y perd autant on s’y trouve. Croiser son regard est comme se mettre soi-même dans une prison d’or. Des yeux presque animal dans un visage des plus humain et enfantin. Cette combinaison, tout autant étrangement parfaite que la combinaison du jaune-doré au rouge-rosé, laissait croire à Shingen que cette fille était composé entièrement de disparité. Guerrière tout en étant enfantine, amusante et reposante à la fois, agréable et brusque… Ouais, sa personnalité semblait bien aller avec ses yeux. Souriant à cette remarque, Shingen se versa encore un peu de sake. Il ne remarqua pas immédiatement le tavernier qui s’était accoté en face de lui.

- Ça doit être une femme pour vous donner ce regard, c’est sur et certain! Dit-il.

Shingen releva les yeux. Il était doué, il l’avait eut du premier coup.

- Ouais, c’est une femme. Mais je ne la connais pas vraiment, elle a simplement passé par mon campement hier. Je ne connais que son nom, Faye, mais je vais garder longtemps le souvenir de ses yeux verrons vraiment magnifiques. Vous avez déjà vu ça vous? Un œil jaune-doré et l’autre rouge-rosé?

- Jamais, mais c’est vrai que ça doit être étrange…

- Étrange ouais, mais surtout étrangement superbe et fascinent. Oh n’allez pas vous imaginer que je suis tombé amoureux d’elle en une seule rencontre! Je suis plus sélectif que ça!

Shingen avait ajouté son commentaire parce que le tavernier lui lançait un regard du genre ah-tien-un-autre-histoire-de-coup-de-foudre. Foutaise, a moins que ce soit le destin qui ait décidé de lui mettre ça au visage, pas de raison de croire au coup de foudre, surtout que son destin à lui c’est de devenir un officier de l’armée Asahi, destin qu’il est heureux d’avoir fuis. Il n’a aucun destin ici, c’est pourquoi il se sait libéré de toute obligation faite par le destin. Ignorant le regard de c’est-ça-cause-toujours qu’arborait le serveur, Shingen versa ce qui restait de sake. Depuis, il avait eu le temps de refroidir, au grand déplaisir du ronin. Le buvant quand même, il ne s’attendait pas à ce qu’il cogne aussi fort.

À peine eut-il avalé la gorgée qu’une sorte de brute à la hache entra dans la taverne dans un fracas énorme. Shingen avait reçu en pleine tête le levier en métal de la porte. Se massant le crâne, il se tourna pour voir correctement le bûcheron qui semblait prendre les portes pour des arbres. C’est là que ses yeux s’écarquillèrent en même temps que la moitié de la salle migra vers l’autre moitié, le plus loin possible de ce monstre. Il avait une tête ressemblant à un hideux sanglier – et comme un sanglier est déjà hideux de nature, un hideux sanglier est encore pire – et un corps indescriptible. Mesurant dans les trois mètres, on pouvait comprendre pourquoi il avait besoin de refaire la charpente pour passer. La hache du monstre était presque aussi grosse que la chaise sur laquelle il était assis. Tiens, justement, le ronin était le seul à ne pas avoir migré de l’autre côté de la taverne, le mettant en premier plan pour être attaqué. Se forçant à rester calme – parce que l’adrénaline commençait à monter et l’envie de prendre les jambes à son cou était très très forte – il posa doucement son mini-bol pour sake et se leva tranquillement, avec quelque tremblements.

Le monstre commença à avancer vers lui, préparant sa hache pour un coup à tout casser qui ne fit que casser la chaise que Shingen venait de quitter et de s’écarter pour éviter le coup. Grosse hache, grosse épée. Laissant katana et wakisashi qui n’auraient pas résistés dans leurs fourreaux respectifs, le ronin dégaina son sabre Liu Ye Dao. Lame sombre au manche faisant penser à une main de dragon noir, l’épée était très belle à regarder et paraissait d’autant bonne qualité qu’elle l’était. La lame n’était pas conventionnelle mais restait de la forme d’un sabre Liu Ye Dao, avec quelques modifications d’apparence dans un but purement esthétique. Elle restait néanmoins une épée d’excellente qualité et de résistance non négligeable. Prenant une position de combat dans le pure style Shuò, il attendit que la brute veuille bien lui laisser une ouverture en balançant sa hache. Vœux fait, vœux exaucé. Dans un coup latéral puissant mais tout de même un peu lent, la hache fendit l’air et le bois, ayant manqué le guerrier qui avait roulé au sol et se trouvait maintenant aux pieds de la bête. Envoyant un slash monumentalement inefficace, Shingen encaissa la résonance de son coup sur une pièce d’armure qui n’était pas visé. En fait, meilleur en défense que le croyais le ronin, le Barabazuu – car s’en était un bien que l’ancien Asahi ne le sache pas – avait tourné son torse, exposant sa pièce d’armure au coup plutôt que sa chaire.

Shingen n’eu même pas le temps de se remettre de cette attaque ratée qu’il se prit un coup de pied. Le choc le fit perdre son air, se soulever du sol et échapper son sabre. Partant dans un vol plané jusque dans la foule recroquevillé dans le coin opposé. Se relevant péniblement, le ronin chercha son air qu’il trouva après quelques secondes, flottant innocemment autour de lui. Désarmé, Shingen se résigna à prendre son wakisashi uniquement, gardant son autre main pour récupérer son sabre. Pour l’honneur et la gloire, il n’allait pas laisser ce monstre détruire ce village trop bien établit. Fonçant droit, il sauta au moment ou le barabazuu faisait un tourniquet avec son hachoir, visiblement dans le but de faire plus de dégâts qu’il en était nécessaire. Évitant un coup, un second de justesse et un troisième où il avait vu sa vie défiler, il parvint à mettre sa main sur son sabre. Le temps de ranger son wakisashi d’un mouvement fluide, d’empoigner solidement son sabre et de se retourner, la hache de la bête était presque rendu à sa cible dans un coup ascendant. Impossible de l’éviter, l’ancien bushi plaça son sabre de façon à bloquer et mit son autre main derrière la lame pour plus de résistance.

À peine la position de défense pris que le coup arriva à destination. Sous la puissance du coup, Shingen se sentit à nouveau soulevé, beaucoup plus fortement cette fois. Le décollage ne fut pas si pire, ce fut plutôt la rencontre avec le premier mur qui fit le plus mal. L’homme traversa bord en bord le mur, continuant son vol plané jusqu’à la maison de l’autre côté de la rue, finissant sa course dans le mur qui lui ne céda pas. Le barabazuu traversa aisément le mur de la taverne pour finir son adversaire qui lui, n’était plus trop enclin à jouer au chat et à la souris en caoutchouc. Se levant d’un bond, le ronin sentit une vive douleur dans ses muscles. Il y a de quoi après avoir traversé un mur suposément solide. Son bras le faisait souffrir d’avoir encaissé un tel coup mais la lame du sabre n’avait pas la moindre écorchure, signe de sa bonne qualité. Regardant le barabazuu foncer vers lui, l’ex-soldat de l’est se dit que s’il ne pouvait le vaincre, autant l’attirer loin pour laisser le temps aux villageois d’évacuer. Évitant la lame de la hache qui descendait vers lui à une vitesse folle, Shingen se mit à courir en direction de la forêt.

Étant tout de même beaucoup plus gros que lui, le barabazuu gagnait du terrain par ses enjambés plus grandes. En ce moment, le ronin, bien qu’intimidé, n’avait pas peur vraiment, il se contentait de courir le plus vite possible. La rivière n’était pas si loin à son souvenir pourtant, même qu’elle était tout près, pourquoi c’était si long l’atteindre maintenant qu’un monstre sanguinaire de trois mètres avec un jouet bien trop grand pour les humains normaux lui courait après!?!? Cette chose ne semblait pas vraiment vivante en fait, sa chaire semblant être en putréfaction sans pourtant se désagréger. Enfin, elle l’était si non il pourrait cracher sur sa carcasse au lieu de cracher du sang sur ses pieds. Ah, tien, du sang, ouais un peu normal en fait. Presque rendu, Shingen rangea en courant son épée, évita en sautant un coup horizontal et plongea dans l’eau de la rivière. Pas très longue à cet endroit, il atteint l’autre rive en quelques secondes.

Déjà, dans la forêt au moins, les arbres le ralentirons un peu. Déjà, s’il est obligé de toute la raser, ça donnera une fraction de seconde à Shingen pour courir un peu plus loin. Se retournant pour s’assurer qu’il l’avait suivi jusque de l’autre côté de la rivière – n’étant pas vraiment profonde à cet endroit, il pouvait y marcher. Au début, ça allait bien. La proie avait amplement le temps de s’éloigner le temps que le prédateur donne une nouvelle coupe de cheveux à la forêt sur son passage. Les problèmes arrivèrent quand le ronin se mit à ressentir un baisse d’énergie plus rapide que la normale. Soufflant déjà difficilement, il semblait que son Ki s’envolait avec ses forces. Cette perte d’énergie allait presque lui être fatale car le barabazuu le rattrapait. Tentant de fuir à nouveau, il remarqua rapidement qu’il n’avait plus la force de garder ses distances sécuritaires. Sortant son sabre, sans réelle intentions, il continua de courir.

La peur l’envahit, une peur réelle et presque tangible. Le ronin était paniqué. La sueur perlait sur son visage, s’entremêlant au sang qui coulait de son front. Des vagues de faiblesses prenaient tout son corps de manière constante. Ce n’était pas normal, c’était impossible de s’épuiser aussi vite alors qu’il était habitué à courir de très grandes distances pendant un bon moment, même à ce rythme qui ne cessait de réduire pas l’épuisement. Regardant de côté, il vit la hache filer vers lui d’un mouvement horizontal. Il bloqua par réflexe, lui arrachant un premier cri de douleur sur la résonance dans son bras et un second cri alors qu’il se sentait freiné par un arbre plus résistant que le mur de la taverne. Tombant lourdement au sol, Shingen cracha une bonne quantité de sang après s’être relevé sur ses mains. Il entendit un craquement et évita de justesse un des mortels coups du barabazuu. Le ronin ne réfléchissait plus, tout ce qu’il avait en tête était de fuir. L’adrénaline du combat avait fait place à celle du stress et de la peur. Ses muscles se crispaient de douleur autant qu’ils tremblaient sous l’impuissance dont il était soumis. Se relavant péniblement, il recommença à courir, protégé d’un coup par un arbre qui se mit à tomber vers l’ancien Asahi.

Comme elle aimerait le voir dans cette situation, comme elle aimerait être à la place du monstre. La sœur de Shingen aurait jubilé à la vue de son frère, impuissant et souffrant. Il la voyait, riant à plein poumons de cette vision. Comme elle fêterait ça après! Tsss… Cette garce… Nha, jamais il ne la laisserait gagner de cette façon. D’un bond de côté suivi d’une roulade, il évita la chute de l’arbre et se mit à chercher, un nouveau sentiment s’ajoutant à l’amalgame déjà présent : le détermination de survivre. Continuant d’éviter les coups, le ronin s’arrêta de courir, ça ne l’aidait pas dans son épuisement accéléré.

Cherchant la source de son épuisement, il fini par le voir. Une sorte de boule organique avec des crânes noirs qui l’entourent comme une armure, ou comme un corps, à voir. Son sabre toujours en main, Shingen fonça dessus et tenta de toucher la partie organique non protégé, partie qui semble être de là qu’il absorbe son Ki. Cette connerie n’attaquait pas mais elle était suffisamment bonne en esquive pour lui donner de la misère, surtout que l’autre gros tas ne perdait pas de temps pour profiter de la situation.

Sautant d’un bord et de l’autre, frappant l’air de temps en temps, le ronin était toujours en état de panique avancé, toujours à se dire qu’il était foutu surtout que sa forme devenait de plus en plus faible, devenant de plus en plus épuisé. Il fini par ranger son sabre qui était un peu lourd et sortit son wakisashi et son katana, armes plus légères. L’expression faciale du ronin laissait croire à une démotivation totale, comme s’il était déjà mort. Il acceptait son sort, il mourrait en ayant sauvé un village, mourrant avec honneur et une certaine gloire chez les villageois. C’était pas si mal, il était ruiné de toute façon alors autant en finir en beauté plutôt qu’affamé dans une forêt. Il voulait survivre, mais n’y croyait plus. Il se battait pour une chose en laquelle il n’avait même pas foi, une chose en laquelle il croyait impossible. Pourquoi? Pour ne pas que cette emmerdeuse de Minami qui lui sert de sœur ait le plaisir, même si elle ne le sait pas, de gagner sur son frère qui succomberait en pleurs et en suppliant.

Ses efforts étaient concentré sur cette boule rouge-orange qui était source de son calvaire. Se concentrant l’espace d’une seconde, il envoya sa katana de façon à la faire esquiver de la façon qu’il voulait c’est à dire latéralement vers la droite, il envoya immédiatement après son wakisashi qui perça la partie organique de la boule volante. Ressentant un peu son énergie venir, sois son Ki qui revien ou sois une adrénaline d’espoir qui entre, mais une énergie renouvelé. Fuyant encore, cette fois il put distancer le barabazuu. Zigzagant entre les arbres, il fini par le semer. Le ronin s’arrêta quelques instants en reprenant son souffle, les genoux fléchit, les mains sur ces derniers et la tête penché, laissant ses cheveux couleur d’ébène tomber de chaque côtés de son visage. Il laissa tomber ses armes et s’effondra lui aussi par la suite à terre, s’accotant lourdement à un arbre. Il écouta le bruit que faisait le monstre et remarqua qu’il rebroussait chemin, probablement retournait-il au village mais pour le moment, tout ce qui importait, c’était qu’il ne vienne pas en direction de l’ancien Asahi.

- Merde… Comment je vais pouvoir dormir… si je sais qu’une monstruosité pareil existe et se promène…Le voyageage en forêt je crois que je vais passer pour le moment…

Après quelques minutes, il se releva et rangea ses armes. Retournant à la lisière de la forêt, il se trouva face au cours d’eau, plus large et profond cette fois, c’était une route maritime donc il pouvait attendre qu’un bateau passe et veuille bien le prendre en charité et le faire traverser. Il savait déjà où il allait, c’était là qu’il se dirigeait bien que sa trajectoire avait été changé. Il y avait un style d’arts martiaux qu’il ne connaissait pas, mais il savait où l’apprendre… au temple Shèng Jié…
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Shu Chen-Ling
Empire Shuò

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PostPosted: 02/12/2007 01:47:21    Post subject: Centre de la forêt Reply with quote

[1st Post]

La forêt d'Ao Mi. C'est là que Shu avait grandi. Dire qu'il en connaissait les moindres recoins aurait été exagéré car cette immense étendue d'arbres constituait un univers à part entière. Une fois la frontière franchie, le monde n'était plus le même. Shu se souvenait encore de la première fois qu'il y avait pénétré. Il n'avait pas dix ans et, malgré la présence de Mìng à ses côtés, n'était pas très rassuré. A peine dans l'enceinte de la forêt, une atmosphère pesante l'avait assaillie: un silence total et une obscurité qui s'épaississait au fur et à mesure que Shu s'enfonçait dans la forêt. La pression qu'il ressentait l'aurait sûrement fait craquer si Mìng n'avait pas été là. Mais il avait tenu bon malgré tout, parce que son honneur était en jeu, l'honneur de sa famille, mais aussi celui de l'Empire Shuò tout entier... bon l'honneur de l'Empire, c'était peut-être exagéré, mais Shu aimait à penser que ce qu'il faisait était important car, oui, la vanité était l'un de ses défauts . Quoiqu'il en soit, sa première incursion dans la forêt d'Ao Mi resterait à jamais gravée dans sa mémoire.

Mais dorénavant, chaque fois qu'il pénétrait dans cette forêt, ce n'était plus la peur qui l'étreignait mais juste une impression de danger, impression qu'il avait appris à assimiler sans s'affoler et même à accepter pour mieux en déterminer l'origine. Evidemment, il n'était qu'un novice dans ce domaine face à sa panthère dont les sens accrus détectaient ce genre de choses avec bien plus de précision. Mais c'était justement son inexpérience qui le poussait à s'immerger dans cette ambiance, car c'était seulement lorsque l'on était face au danger que l'on pouvait réellement s'améliorer et faire ses preuves. Les entraînements en situation fictive ne valaient rien car on avait beau faire, on ne pouvait pas savoir ce que l'on ferait ni comment l'on réagirait le jour où le danger nous tomberait subitement dessus. Le seul moyen d'en avoir une idée claire était de s'y confronter, comme le faisait régulièrement Shu.
De cette manière, on pouvait apprendre à accepter et gérer la peur qui nous envahissait et ainsi rester maître de ses émotions et de son corps en toute situation. Et si Shu se clamait maître du sien, il savait pertinamment que ce n'était pas le cas...

On en arrivait donc à la raison de sa présence ici. Comme toujours avec Shu lorsqu'il n'était pas en mission, il était question de perfectionnement. En arrivant à l'orée de la dite forêt, un sourire fugitif effleura le visage du Shaonin, évoquant la nostalgie qu'il ressentait chaque fois qu'il venait ici. Puis il passa la frontière invisible et il fut à l'intérieur...

L'obscurité habituelle ne mit pas longtemps à reprendre ses droits, mais elle n'était plus une menace pour Shu. Ses yeux avaient appris à la supporter et s'il n'était pas nyctalope pour autant, Mìng se chargeait de voir tout ce qui avait pu échapper à Shu. Néanmoins, c'est prudemment qu'ils progressèrent sous le couvert des arbres. Shu était pieds nus, comme souvent d'ailleurs. Cela étonnait souvent les gens qu'il ne se blesse jamais, mais Shu avait toujours été comme ça et c'était presque inconsciemment qu'il marchait d'un pas leste, ce qui lui permettait de ne pas se blesser. C'est donc discretement qu'ils s'enfonçèrent dans la masse verte et grouillante.
Shu avançait un pied après l'autre (jusqu'ici, rien d'anormal me direz-vous ) une faucille à la main et l'oreille tendue au maximum. Il s'arrêtait de temps en temps pour humer l'air et sentir un quelconque changement dans l'atmosphère, mais rien pas un chat, enfin si une panthère ...

Quand Mìng ronronna subitement, Shu ne se posa pas de questions et grimpa dans l'arbre le plus proche tandis que Mìng faisait de même. Ils avaient répétés cette situation suffisament souvent pour ne pas avoir à se concerter l'un l'autre. Shu se cala donc sur l'une des branches et se mit à scruter l'obscurité à la rechercher de l'intrus qui avait perturbé les sens de sa panthère. Il attendit plusieurs longues minutes mais pas une seule seconde il ne bougea. C'était à peine s'il respirait...
Soudain, un bruit fendit l'obscurité. Une sorte de bourdonnement léger arriva aux oreilles de Shu.

* Kamakiri... * identifia mentalement Shu.

En effet, quelques secondes plus tard, l'insecte géant pénétrait le champ de vision de Shu. Un autre que lui aurait pu craindre que Mìng n'attaque au mauvais moment, mais Shu l'avait bien entraînée, si bien que la panthère ne bougerait pas d'un pouce avant que Shu ne le fasse ou que ce dernier ne le lui ordonne. La prudence aurait voulu qu'ils laissent passer l'insecte et continuent leur chemin mais ce n'était pas pour une balade qu'ils étaient venus. Non, s'ils étaient là, c'était bien pour une seule raison: se perfectionner dans tous les domaines possibles. Et l'aptitude à éliminer un monstre n'échappait pas à la règle.
Il attendit donc que le Kamakiri passe sous la branche où il se tenait et chuta silencieusement derrière l'insecte. Il retomba sur ses pieds tel un félin dans un silence digne d'un assassin tout en montrant sa paume à Mìng, pour lui intimer de ne pas bouger pour le moment, sans quitter sa proie des yeux. D'un geste vif et discret, Shu ramena la faucille qu'il tenait devant son visage et s'apprêta à passer à l'acte.

Sans prendre la respiration qui aurait pu le trahir, Shu bondit sur sa cible en visant sa gorge, si on pouvait appeler cela une gorge. Malheureusement la créature se retourna, peut-être par instinct, peut-être par hasard. Peu importe, elle s'était retournée, c'était un fait et Shu allait devoir faire avec. Le cerveau fonctionnant à cent à l'heure, Shu élimina d'office l'idée de l'instant kill. Plusieurs options s'offrirent alors à lui dont la fuite et le combat. Shu n'avait pas l'intention de fuir, ou en tout cas seulement en dernier recours. Et s'il se battait, il ne souhaitait pas que sa proie s'enfuie si jamais il prenait l'avantage. Son objectif était donc clairement défini: il devait viser les ailes de la créature ! En effet, ses ailes octroyaient au Kamakiri une liberté de mouvement bien supérieure à celle dont jouïssait Shu, et réduire sa mobilité constituerait un sacré avantage.
De plus, il lui coupait ainsi toute retraire et, par la même occasion, s'offrait une issue de secours s'il devait fuir. Il plongea donc par-dessus l'épaule de l'insecte qui lui faisait maintenant face avant de retomber de l'autre côté.

Shu releva la tête et regarda avec satisfaction le morceau d'aile se détacher suivant la nette ligne qu'il avait inscrite avec sa faucille, tout en se tenant le flanc de la main gauche, endiguant ainsi un léger flot sanguin. Shu avait été blessé au moment où il croisait le Kamakiri. Pas par surprise, non, il avait sacrifié en toute conscience son flanc pour s'assurer d'atteindre l'aile de la créature et cela avait réussi. Mais sa blessure l'empêchait de reprendre la joute mortelle. Il porta donc les doigts à la bouche et d'un seul sifflement, ordonna à Mìng d'attaquer le Kamakiri. Sans prévenir, la panthère s'éxécuta et bondit sur l'insecte, qui ne s'y attendait apparemment pas, griffes en avant. Un assaut rapide et efficace que celui de Mìng: à peine le coup était-il porté que la panthère noire allait se réfugier sous le couvert des arbres pour ressortir d'un autre côté. Mais malgré la vitesse impressionnante du félin, Shu ne souhaitait pas que sa partenaire prenne trop de risques car les pinces des Kamakiris étaient plus que tranchantes. Du coup, il rassembla ses forces et s'apprêta à porter un assaut combiné avec Mìng...

Profitant d'un moment où elle était repartie dans les arbres, Shu envoya rapidement ses consignes via le lien mental qui les unissait. Le Ki que cette opération lui coûta le mit sur les rotules, sa blessure au flanc n'aidant pas. Mais il ne fallait pas flancher, pas maintenant. Alors que l'insecte tournait sur lui-même dans l'attente de l'attaque de Mìng, Shu se rua sur la créature avec ses deux faucilles. Comme il l'avait prévu, cette dernière se retourna et contre-attaqua aussi sec avec ses pinces. Mais cette fois ci, Shu ne comptait pas offrir sa chair aux lames acérées du Kamakiri. Il para les pinces avec ses deux faucilles et le choc entre leurs lames fit grincer les dents de Shu alors que sa plaie qui commençait à peine à cautériser se réouvrait. Entre deux grincements, il trouva tout de même le temps de donner sa consigne finale:

-Mìng !

Répondant instantanément à l'appel de son maître, Mìng surgit des arbres et referma ses crocs autour de la gorge du Kamakiri dont les pinces étaient immobilisées par les faucilles de Shu. Puis Mìng exerça une pression finale avec sa mâchoire et la tête de l'insecte quitta le reste du corps, lequel retomba inerte sur le sol.

Shu, quant à lui, s'adossa à un arbre pour reprendre sa respiration. Mais son répit ne devait pas durer car Mìng ronronna à nouveau, signe que quelque chose approchait. Au vu de son état, il ne fallut pas longtemps à Shu pour décider qu'il fallait battre en retraite. Combattre un autre Kamakiri risquait de s'avérer difficile, sans compter qu'il avait cette fois eu la chance de tomber sur une créature isolée mais que ça ne serait peut-être pas le cas de la prochaine...

-Repli stratégique, ma belle. se contenta de dire Shu avant de se remettre debout.

Shu ramassa les faucilles qu'il avait lâchées après la défaite du monstre et prit le chemin de la sortie, avec cette fois plus de précipitation qu'à l'aller. Il avait aussi perdu en discrétion, mais il savait que de toute manière, son sang exacerbait les sens des créatures et qu'aussi discret qu'il pourrait être, ces derniers arriveraient à le traquer. Il devait donc quitter la forêt au plus vite, et ensuite seulement il pourrait soigner sa blessure.
Pendant qu'il parcourait le chemin du retour, Shu ne put s'empêcher de faire une rétrospective sur sa tentative d'instant kill échouée. Qu'est-ce qui avait bien pu clocher ? Il savait que ce n'était pas le moment où il avait touché le sol car, à ce moment, l'insecte n'avait montré aucun signe qui tendrait à dire que sa présence avait été décelée... et Shu doutait que les Kamakiris aient suffisamment d'intelligence pour dissimuler ce genre de réaction. Lorsqu'il avait bondi, Shu avait bien pris garde de ne pas écraser de branche et il était persuadé de la perfection de ce saut. Cela ne pouvait pas être Mìng.
Peut-être la créature avait-elle ressenti l'envie de sang de Shu ? En tout cas, cela paraîssait être la seule explication probable aux yeux de Shu, et elle prouvait qu'il y avait encore matière à s'améliorer.

Au final, ce n'était pas au niveau du combat mais au niveau du comportement que Shu sortait grandi de la forêt d'Ao Mi.
Une fois à l'extérieur, il pansa rapidement ses plaies et prit la direction de la ville, suivi de sa fidèle partenaire.

-Je sais pas pour toi, mais j'ai assez soif.

[Shàng Xiàn peut-être...]
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